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Plateforme collaborative d’éducation aux images

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La parole aux partenaires et enseignant·es

Entretiens avec Anaïs Saïdane, enseignante en 4ème A au Collège Degeyter et de Xavier Grizon, chargé de mission Actions éducatives au sein de l’association Cinéma 93.

 

Anaïs Saïdane, enseignante en 4ème A au Collège Degeyter

 

De quelle manière vous êtes-vous investie dans les ateliers “Docteur Who” et comment avez-vous collaboré avec l'intervenant artistique Wilfried Jude ?

Les ateliers ont eu lieu en classe entière ou en demi-groupes, selon ce qui nous paraissait le plus adéquat. Notre rôle en tant qu'enseignant.e était alors de faire des liens avec les enseignements disciplinaires (en ce qui me concerne, en Lettres), les procédés narratifs, l'écriture principalement.
Dès les prémices du projet, nous avons travaillé étroitement avec Wilfried à sa construction, ce qui a permis de vraiment réfléchir à un projet qui implique les élèves au maximum. Chaque décision était réfléchie, puis prise  conjointement, permettant ainsi de conjuguer nos prérogatives respectives.

Qu'avez-vous remarqué dans la façon dont vos élèves en classe de quatrième se sont emparés de la proposition? La série du Docteur Who a-t-elle suscité leur intérêt ? 

Les élèves, avant même que le projet ne démarre réellement étaient très enthousiastes. Certains connaissaient déjà la série et l'appréciaient.Ils sont globalement investis et impliqués. Nous avons eu assez vite de belles surprises : des élèves qui s'ouvrent, que nous découvrons sous un jour différent et une conscience de l’opportunité qui leur était donnée, ce qui  à titre personnel, m'a beaucoup touchée. Au-delà de son, intérêt culturel,  cette initiative leur donne la possibilité d'apprendrequi ils sont, de (se) découvrir, chose que nous souhaitons pour eux.

La projection d’épisodes de la série au sein du Ciné-club du collège a-t-elle vraiment pu avoir lieu ? Quel en était l’objectif ?

Malheureusement, le ciné-club a été impacté par les divers protocoles sanitaires, et il n'a pas été possible de maintenir ces séances.

Des sorties culturelles étaient également prévues avec eux dans le cadre de ces ateliers, lesquelles ont pu être faites ?

Comme pour le Ciné-club, la crise sanitaire et la fermeture de tous les lieux de culture ne nous a malheureusement pas permis de sortir de l’établissement. Nous espérons pouvoir effectuer ces visites d'ici la fin de l'année scolaire.

Qu'est-ce qui vous a le plus intéressé en tant qu'enseignante dans leurs travaux d’écritures visant à imaginer une suite pour Docteur Who sous forme d’épisode inédit? 

Ce sont principalement les conditions d'écriture : nous étions en table ronde, en petit groupe de volontaires, et les idées étaient avancées par chacun.e. J'ai surtout réalisé que passer par l'oral et la prise de notes permettait de libérer les élèves d'un certain nombre de contraintes. Ils se sont montrés très créatifs, et la cohésion du groupe a généré une belle émulation pour de beaux épisodes.

Pouvez-vous nous décrire quelques pitchs des scénarios qui vont être tournés par les élèves puis montés ?

Je ne veux pas gâcher le suspense! Mais je peux dire en revanche que les épisodes sont dans la lignée de ceux de la série, qu'ils n'ont pas rechigné à utiliser des ressorts narratifs   ponctués de surprises et de rebondissements. Par ailleurs, le contexte actuel a définitivement laissé son empreinte sur l'écriture de ces épisodes...

Qu'avez-vous pensé de leur écriture de scénario et de leur préparation des tournages jusqu'à présent ?  

 
Ils se révèlent impliqués dès que l'on est en activité. C'est agréable de les voir s'approprier ce travail dont ils ne mesurent pas toujours la difficulté et de les voir prendre leur place, s'épanouir dans des rôles nouveaux.

Quels impacts remarquez-vous à ce stade sur les collégiens?

Comme évoqué précédemment, certains se sont véritablement révélés. Ils prennent goût à ce travail pourtant titanesque. Ils nouent aussi des liens avec l'équipe des adultes, c'est très touchant, et c'est à mon sens une belle forme de reconnaissance pour nous tous qui les guidons dans cette expérience.

 

Xavier Grizon, chargé de mission Actions éducatives au sein de l’association Cinéma 93.

 

Vous êtes partenaire pour Cinémas 93 de cet atelier en collège Le Jour d'Après autour de la série fantastique Docteur Who, coordonné par Passeurs d'images et proposé par la coordination francilienne : Pour quelle raison vous êtes-vous intéressée à ce projet animé par Wilfried Jude autour de la découverte des principes d'une série de fiction fantastique ?

Je connaissais par ailleurs le travail de Wilfried en atelier et je savais pouvoir compter sur sa créativité et son implication pour mener ce projet hors-norme. Il y a beaucoup d'ambitions très puissantes dans le projet puisqu'il repose non seulement sur des questionnements de fond avec les élèves sur les principes et les théories de l'écriture sérielle (c'est quoi une série ? Comment est-elle construite ? Lesquelles et pourquoi on les regarde ? Comment se construit une mythologie ? - je rappelle que Dr Who a pour principe un personnage incarné par différents acteurs à différentes époques depuis 40 ans...) mais propose aussi aux élèves de créer eux-mêmes un objet tout à fait original et inédit. L'enseignante qui accompagne le projet au collège est également quelqu'un d'assez exceptionnel et en qui j'avais toute confiance pour tirer des fils pédagogiques et aider les élèves (et Wilfried) à s'emparer de cet espace de liberté créative.
 

De quelle façon s’est incarné le partenariat entre l'association Cinéma 93 et Passeurs d’images en Île-de-France à l’origine du projet ? De quelle façon l’association Cinéma 93 collabore-t-elle avec le collège, l'animateur et l'enseignante pour cet atelier ?/h6>

Nous avons surtout aidé à préciser les conditions de réalisation de ce projet en réunissant les différents acteurs. Il a fallu préciser en amont les différentes étapes du projet pour mieux faire le lien entre le travail des enseignants, celui de l'intervenant et la contribution des élèves. Nous avons aussi participé à la mise en oeuvre logistique et technique du projet mais l'intervenant et l'enseignante sont en totale autonomie sur la partie animation/création et nous espérons pouvoir valoriser prochainement tout cela par une diffusion accrue de leur travail. Nous aurions aimé organiser des sorties en salle de cinéma mais comme chacun sait cela reste impossible.
 

Au-delà de la restitution proprement dite est-il prévu que Cinéma propose à des salles de cinéma la projection des épisodes réalisés par les élèves en avant-programme dans le cas où les salles réouvriraient avant la fin d'année scolaire ?

C'est de tradition de pouvoir accompagner une diffusion en salle des réalisations les plus ambitieuses et réussies. Reste à voir le résultat bien entendu car il faut que cela rencontre un certain intérêt pour le tout public pour sortir du champ scolaire. Nous aimerions beaucoup pouvoir le proposer largement aux salles de cinéma du réseau, bien qu'il semble compliqué actuellement d'en imaginer les modalités.

Que pensez-vous qu'un tel projet peut apporter à ces jeunes en particulier dans le contexte actuel ?

Un espace de découverte, d'interaction, de dialogue, de liberté et d'imagination devenu de plus en plus rare.

Souhaitez-vous à l’avenir continuer de travailler sur les écritures sérielles en atelier ?

Bien entendu, cela dépendra des projets, il y a tellement de formes d'atelier à inventer....